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Prévention

Le bilan ICOPE expliqué simplement : les six fonctions à surveiller après 60 ans

La réponse courte

ICOPE (Integrated Care for Older People) est une démarche créée par l'Organisation mondiale de la santé pour repérer tôt les baisses de capacité chez les personnes de 60 ans et plus. Le repérage porte sur six fonctions : la mobilité, la nutrition, la vision, l'audition, la mémoire et le moral. Il ne s'agit pas d'un examen médical et il ne débouche sur aucun diagnostic : c'est une série de questions et de petits tests, réalisables en une quarantaine de minutes par un professionnel formé — infirmier, pharmacien, conseiller formé, parfois la personne elle-même avec une application. Si un point attire l'attention, une évaluation plus approfondie est proposée avec un médecin.

D'où vient ICOPE

L'Organisation mondiale de la santé a publié en 2017 un guide destiné aux professionnels de santé du monde entier, sous le nom d'ICOPE. L'idée de départ est un renversement de perspective : plutôt que de s'intéresser aux maladies une par une, on s'intéresse aux capacités fonctionnelles — ce que la personne peut faire dans sa vie quotidienne — et on cherche à les préserver.

En France, la démarche a été déployée à partir du Gérontopôle du CHU de Toulouse, avec le soutien de l'agence régionale de santé d'Occitanie, avant de s'étendre à d'autres régions. Elle est aujourd'hui utilisée par des infirmiers, des pharmaciens, des professionnels de structures de prévention, et des acteurs comme CapVitality.

Son principe est celui du dépistage : simple, rapide, répétable, et destiné à orienter — jamais à conclure.

Les six fonctions passées en revue

1. La mobilité

Le test le plus courant consiste à se lever d'une chaise cinq fois de suite, sans s'aider des mains, et à mesurer le temps. Au-delà d'une quinzaine de secondes, cela mérite qu'on s'y attarde. Ce test simple prédit assez bien le risque de chute et de perte d'autonomie.

2. La nutrition

Deux questions suffisent le plus souvent : avez-vous perdu du poids sans le vouloir ces trois derniers mois ? Avez-vous moins d'appétit ? Une perte de poids involontaire est un des signaux les plus fiables — et les plus souvent ignorés.

3. La vision

On demande si la personne a des difficultés à lire, à reconnaître un visage, à descendre un escalier ; parfois on fait lire quelques lignes de tailles décroissantes. Une baisse de vision augmente le risque de chute et pousse à sortir moins.

4. L'audition

On vérifie si la personne entend une conversation dans le bruit, une voix chuchotée à quelques pas, ou une sonnerie de téléphone. La perte d'audition est très liée à l'isolement social et, à terme, au déclin de la mémoire.

5. La mémoire et l'orientation

Un exercice classique : retenir trois mots, répondre à deux questions d'orientation (la date, le lieu), puis redonner les trois mots quelques minutes plus tard. Un oubli n'a rien d'alarmant en soi — c'est sa répétition dans le temps qui compte.

6. Le moral

Deux questions, portant sur les deux dernières semaines : vous êtes-vous senti triste ou découragé ? Avez-vous perdu l'intérêt ou le plaisir de faire les choses ? C'est souvent le point le moins abordé spontanément, et l'un des plus utiles.

Comment se déroule un bilan, concrètement

Chez nous, le bilan se passe ainsi :

  1. On prend le temps de parler d'abord. Votre journée type, ce qui a changé depuis un an, ce qui vous gêne. Les questions du repérage viennent ensuite, et s'insèrent dans la conversation.
  2. Les petits tests. Se lever d'une chaise, tenir en équilibre, retenir trois mots. Cela prend une dizaine de minutes, sans tenue de sport ni matériel.
  3. La restitution. On vous dit ce que l'on a observé, immédiatement, en français courant. Pas de score mystérieux, pas de vocabulaire technique.
  4. Le compte rendu écrit, envoyé sous cinq jours par courrier ou par e-mail. Il vous appartient : vous pouvez le montrer à votre médecin.

Durée totale : environ 45 minutes. Chez vous, par téléphone ou en visio.

Ce que le bilan n'est pas

C'est le point le plus important, et celui sur lequel il y a le plus de malentendus.

  • Ce n'est pas un diagnostic. Un repérage qui « accroche » sur la mémoire ne dit pas qu'il y a une maladie. Il dit qu'il faut regarder de plus près.
  • Ce n'est pas un examen médical. Aucune prise de sang, aucune imagerie, aucune prescription.
  • Ce n'est pas un jugement. Personne n'est « recalé ». L'objectif est d'agir tôt, pas de classer.
  • Ce n'est pas définitif. Les capacités évoluent — dans les deux sens. C'est pourquoi le repérage est refait régulièrement, tous les six mois.

Et après le bilan ?

Trois suites possibles, selon ce qui ressort.

Tout va bien. On vous le dit, on vous laisse des repères simples pour entretenir vos capacités, et on refait le point dans six mois. C'est le cas le plus fréquent, et c'est une bonne nouvelle à entendre clairement.

Un ou deux points méritent attention. C'est là que se joue la prévention : un programme d'activité physique adaptée pour l'équilibre, un point nutrition pour l'appétit, une orientation vers un ophtalmologiste ou un audioprothésiste. Rien de spectaculaire, mais pris à temps.

Un signal demande un avis médical. Nous vous invitons à consulter votre médecin traitant et, avec votre accord, nous lui transmettons le compte rendu. Ce n'est pas nous qui décidons de la suite : c'est lui, avec vous.

Qui peut en bénéficier, et à quel prix

Le repérage ICOPE s'adresse aux personnes de 60 ans et plus vivant à domicile, sans condition de santé particulière. Il est d'autant plus utile qu'il est fait tôt, quand tout va encore bien.

Selon les régions, des repérages gratuits sont proposés par des structures publiques, des centres de prévention de caisses de retraite ou des pharmacies partenaires. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre caisse de retraite.

Chez CapVitality, le bilan complet est offert, sans engagement et sans carte bancaire. Vous repartez avec votre compte rendu, même si vous ne souhaitez pas poursuivre. Voir comment se déroule le parcours.

Questions fréquentes

Le bilan ICOPE est-il remboursé ?

Il n'existe pas de remboursement dédié par l'Assurance maladie pour un repérage ICOPE réalisé hors d'un cadre de consultation médicale. En revanche, de nombreuses structures le proposent gratuitement, et CapVitality l'offre dans tous les cas.

Peut-on le faire soi-même ?

Des applications permettent un auto-repérage, notamment celles développées dans le cadre du déploiement français d'ICOPE. Elles sont utiles, mais elles ne remplacent pas un échange : l'essentiel se joue souvent dans ce qui se dit autour des questions.

À quelle fréquence faut-il le refaire ?

Tous les six mois est un rythme courant, et c'est celui que nous appliquons. Il permet de comparer des résultats dans le temps, ce qui est bien plus informatif qu'une mesure isolée.

Que se passe-t-il si un point est mauvais ?

Rien d'automatique. Un point d'attention déclenche une évaluation plus approfondie ou une orientation vers le professionnel concerné. Vous restez libre de la suite, et rien n'est transmis à quiconque sans votre accord.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé — Guide ICOPE : soins intégrés pour les personnes âgées, 2017 et guide de mise en œuvre 2019.
  2. Gérontopôle, CHU de Toulouse — Déploiement du programme ICOPE en France.

Cet article a une visée d'information générale. Il ne remplace pas un avis médical individuel. Relecture : Dr Prénom Nom, médecin gériatre — à compléter.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Le bilan CapVitality fait le point sur les six fonctions clés, gratuitement et sans engagement.

Sans engagement · 20 minutes · par téléphone ou en visio